Cent Cinquantenaire
Claude DEBUSSY

Claude Debussy

Claude DEBUSSY
(Saint-Germain-en-Laye le 22 août 1862 - Paris le 25 mars 1918)

Rien ne destinait Achille-Claude Debussy à la musique : ni ses parents, qui tenaient un commerce de porcelaine à Saint-Germain-en-Laye (au 38 rue du Pain) et qui le destinaient à la carrière de marin, ni sa famille (ou proches), n’avaient aucun don musical. C’est grâce à son parrain Achille Arosa, banquier et collectionneur d’art qui habitait Cannes, qu’il découvrit la mer, Corot et la peinture impressionniste et qu’il prit ses premières leçons de piano avec Cerutti. Mais ses dons musicaux ne furent vraiment découverts que grâce à Mme Mauté de Fleurville, belle-mère de Paul Verlaine et élève de Chopin, qui lui transmit l’amour du piano, l’instrument fétiche du grand compositeur romantique. En 1903, Debussy dira : J’étais promis à la belle carrière de marin. Seuls les hasards de l’existence m’ont fait bifurquer.

Debussy innove : grâce à sa rencontre avec les musiques d’Extrême-Orient, il enrichit les rythmes et les timbres en employant la gamme pentatonique orientale pour les évocations exotiques et crée la gamme par tons entiers (écoutons Voiles par exemple) ; voulant créer son propre vocabulaire et sa propre forme, il bouleverse le temps musical (une certaine mouvance apparaît dans la musique), suspend la tonalité ; il dira des accords : D’où viennent-ils ? Où vont-ils ? Faut-il absolument le savoir ? Ecoutez, cela suffit.

L’importance du timbre et de la couleur musicale ainsi que la souplesse rythmique et l’infinie mobilité du tempo forment la caractéristique essentielle de l’œuvre de Debussy. De nombreux compositeurs se réclament de l’esthétique debussyste, de Messiaen et Boulez en passant par Dutilleux ou Ligeti.

Après son entrée au Conservatoire de Paris en 1872, il se destine à la composition qu’il commence à étudier en 1880 dans la classe d’Etienne Guiraud.

En 1884 il obtient le prix de Rome et devient pensionnaire de la Villa Médicis. Mais ce n’est qu’à son retour à Paris en 1887 qu’il mûrit son style auprès des poètes symbolistes. C’est d’ailleurs la littérature qui inspire à Claude Debussy ses premiers chefs-d’œuvre, le Prélude à l’après-midi d’un faune de 1892, composé d’après le poème de Stéphane Mallarmé, et le drame lyrique Pelléas et Mélisande de 1902, adaptation musicale de la pièce de Maurice Maeterlinck.

Dans ses œuvres pour piano (Estampes, Etudes, Préludes), il réinvente le jeu de l’instrument. La recherche des sons, la priorité donnée aux timbres et aux couleurs, les harmonies complexes, les rythmes, la variété et la fluidité des évocations sonores font de ces pièces des monuments fondateurs de la littérature pianistique du XXème siècle.

En 1904-1905, il compose un poème symphonique La Mer. On peut dire que La Mer fait partie, peut-être avec Jeux, des œuvres visionnaires de Debussy.

Parallèlement à sa carrière de compositeur, Debussy publie de nombreux articles dans des journaux ou revues, en qualité de critique musical et sous le pseudonyme de Monsieur Croche.

En 1914-1915, Debussy continue à signer ses plus belles pages (farouchement nationaliste depuis le début de la guerre, ennemi de Schönberg, il va les signer « Claude Debussy, musicien français »). En 1915, il dédie à Chopin ses deux livres d’Etudes pour piano, chefs d’œuvre de la littérature pianistique.

Dès 1910, Debussy souffrait d’un cancer au colon dont l’évolution fut lente et douloureuse. Il ne sort que très rarement et achève ses dernières partitions. Pourtant, le compositeur accepte de se rendre en Russie et entame une tournée en novembre 1913, à Saint-Pétersbourg. Toutes ses représentations sont couronnées de succès. C’est en 1917 qu’il parut en public pour la dernière fois, en créant avec Gaston Poulet sa Sonate pour piano et violon.

« Claude de France » s’éteint le 25 mars 1918 dans un Paris encore en guerre ; il est enterré au cimetière du Père Lachaise le 28 mars et peu de gens, à part ses proches, s’aperçurent qu’ils perdaient un immense musicien dont la modernité allait influencer toute la musique du XXème siècle.

Découvrir Claude Debussy en dix œuvres : Prélude à l’après-midi d’un faune (1894) – Nocturnes (1899) – Pelléas et Mélisande (1902) – La Mer. Trois esquisses symphoniques pour orchestre (1905) – Préludes, livre I (1910) Préludes II (1912) – Images pour Orchestre (1912) – Jeux (1913) – Etudes (1915) – Sonate pour violon et piano (1917)

Extraits de la biographie de Claude DEBUSSY du site de Radio France



Je vous souhaite un très bel Automne Musical 2012,
Claude Robin – Président-fondateur