
Franz LISZT
(Doborjan (ex. Reiding) (Hongrie) le 22 octobre 1811 - Bayreuth (Allemagne) le 31 juillet 1886)
Heureusement, opinion personnelle, l’inégalité est une des bases de l’art, donc de la musique.
C’est pourquoi, avec le temps, ceux dont la place est le plus reconnue s’avèrent les meilleurs, qu’il s’agisse de Michel-Ange, de Rembrandt, de Molière ou de Bach, par exemple.
Il est évident que l’exécution des compositions de Liszt restera pour des siècles encore l’ambition de tous les jeunes pianistes vraiment passionnés et le ravissement des « happy few » capables d’en donner une interprétation parfaite, au moins à leurs propres oreilles.
Si l’on admet la présence d’un certain déterminisme, on est obligé de reconnaître que Liszt a été nettement favorisé par la nature. Il était grand, élancé, avec un beau visage qui attirait de nombreux regards, dès son adolescence.
A douze ans il donnait des concerts qui faisaient écrire à un critique parisien : « Je suis convaincu que l’âme et le génie de Mozart sont passés dans le corps du jeune Liszt. Cet enfant est, sans comparaison possible, le premier pianiste de l‘Europe ».
Il avait de très grandes mains : il pouvait jouer des accords de onzième, du do au fa, par exemple. Est-ce équitable ? Non, mais tant mieux !
Il a distribué la plus grande partie de ses gains considérables. Il était très généreux.
Il fallait avoir une certaine confiance en soi, à vingt-trois ans, pour convaincre la comtesse Marie d’Agoult, née en 1806, de quitter le château du comte en y laissant ses enfants. Pourtant, six ans plus tard, ils se séparaient, désenchantés…, malgré la naissance de trois enfants, dont la célèbre Cosima, future épouse de Richard Wagner.
Elle a cependant beaucoup agi pour maintenir Liszt dans le domaine de la composition, veillant à ce que les récitals, qui lui permettaient de briller et de plaire, ne contrarient son rôle essentiel, c'est-à-dire laisser une somme irremplaçable et indispensable de partitions comme le firent Mendelssohn, Schumann et Chopin.
Nous devons être bien reconnaissants à Marie d’Agoult d’avoir si bien assuré le capital artistique de l’homme de sa vie.
En effet, il a laissé plus de sept cents œuvres , cinq messes, un requiem, six oratorios, près de quatre-vingts mélodies ou lieder, douze poèmes symphoniques, deux concertos pour piano, dix-neuf rhapsodies hongroises, des centaines de pièces pour le piano et d’autres centaines de paraphrases et d’arrangements. Une œuvre titanesque !...
Heureusement, il a vécu deux fois plus longtemps que ses trois contemporains. Vive l’injustice ! Quelles partitions nous aurait-il laissées s’il avait fini sa vie à trente-huit ans comme Mendelssohn et Chopin et Schumann quarante-six.
On peut, bien entendu, rétorquer : oui mais si Chopin avait changé de médecin ? Encore les si !
Malgré sa gloire et ses triomphes, a-t’il été heureux ? On peut en douter.
Toute sa vie semble l’avoir maintenu dans l’attente d’une décision qu’il ne savait pas prendre, celle de devenir prêtre. Tout en portant la soutane, il demanda au pape, afin de l’épouser, l’annulation du mariage de la Princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein avec un officier russe, et déjà maman d’une petite Marie. Le pape, l’ayant accordée, puis refusée.
Franz Liszt a donné à sa patrie la gloire et la fierté.
Je vous souhaite un très bel Automne Musical 2011,
Claude Robin – Président-fondateur